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22/11/2021 | Contenu Fox Asso

Coronavirus : Des dons aux associations en hausse mais pas de « raz de marée de générosité »

Le succès du Zevent n’était donc que la partie visible de l’iceberg. Avec la crise du coronavirus et le confinement, les Français n’ont pas hésité à sortir le chéquier pour faire un beau geste. Les dons déclarés aux impôts en 2020 et le nombre de donateurs pendant la pandémie ont augmenté, sans qu’il s’agisse d’un « raz de marée de générosité », selon une étude réalisée par le réseau d’experts Recherches et Solidarité parue vendredi.

« Après la baisse de l’année 2018, et le léger rebond en 2019 (2,4 %), les montants des dons de l’année 2020 augmentent de 7,1 %, presque autant qu’en 2014 (7,2 %) », constatent les auteurs. Le nombre de foyers déclarant un don, « en constante régression tout au long de la période 2013-2019 », est en hausse de 3,4 % en 2020. Ainsi, l’étude porte sur cinq millions de foyers fiscaux déclarant un don au titre de l’ impôt sur le revenu, et 28.000 au titre de l’impôt sur la fortune immobilière.

Le biais de l’aide aux personnes en difficulté
« Le don moyen annuel déclaré est passé de 404 euros en 2013 à 570 euros en 2020 », une augmentation que l’étude explique par un « effet fiscal », à savoir la hausse du plafond de 546 à 1.000 euros décidée par le gouvernement pour les dons aux organismes venant en aide aux personnes en difficulté ou aux victimes de violences domestiques. « Le nombre des donateurs se déclarant au titre de l’aide aux personnes en difficulté a augmenté globalement de 7,8 % entre 2019 et 2020 ».

Problème, « en voulant privilégier les dons aux organismes venant en aide aux personnes en difficulté, le gouvernement a asséché les autres dons », analyse Jacques Malet, président de Recherches et Solidarité. Pour lui, « on ne peut pas parler de raz de marée de générosité en 2020 », constatant que « le nombre des donateurs se déclarant au titre des autres dons a augmenté de 0,8 % seulement », et le don moyen de 0,2 %.

Les jeunes font un effort, pas les foyers aisés
L’étude se penche aussi sur la générosité selon l’âge et montre que parmi les donateurs, « plus de la moitié (53,6 %) ont 60 ans et plus », en légère augmentation en 2020. Cette tranche d’âge concentre près de 60 % des montants déclarés. « Le don moyen est d’autant plus élevé que les donateurs sont avancés en âge », montre l’étude, à 665 euros chez les plus de 70 ans contre 347 chez les moins de 30 ans. Toutefois, si l’on met en corrélation don et revenu moyen, « l’effort de générosité » des moins de 30 ans est à souligner, « au deuxième rang, juste derrière les plus de 70 ans ».

En revanche, l’étude note que sur la période 2017-2020, la « densité de générosité collective » a diminué dans trois tranches de revenus : les moins de 23.000 euros, et les revenus entre 39.000 et 78.000 euros. En d’autres termes, les foyers aisés ont moins donné que les autres. « On peut donc constater que l’année 2020 n’a pas été particulièrement faste », souligne l’étude.

Plus de cinq milliards d’euros au total
Concernant la géographie des dons, le classement par région est très stable d’année en année avec toujours les quatre mêmes régions aux premières places : « l’Ile-de-France se situe pour la première fois en tête en 2020, la Bretagne alterne entre la première et la deuxième place, l’Auvergne-Rhône-Alpes est fort bien placée et la région Grand-Est est un peu en retrait cette année ».

Un peu plus de cinq milliards d’euros : c’est enfin l’estimation de la totalité des dons effectués par les particuliers en 2020. L’étude arrive à ce chiffre en additionnant le montant des dons déclarés (2,8 milliards), les dons non déclarés qui auraient pu l’être (1,2 milliard), et les dons qui ne peuvent pas faire l’objet d’une déclaration faute de reçu fiscal (de la main à la main, arrondis en caisse, dons par SMS…) aux alentours d’un milliard.